dé-conter
Le projet a pris source dans un tissu de lin que ma grand-mère m’a envoyé d’Ukraine, accompagné d’une lettre d’explication sur la façon dont ce tissu a été élaboré. Elle y décrit la cueillette des tiges de lin, leur traitement pour les rendre plus souples, leur décomposition en filaments, le filage, puis finalement le tissage, les étapes de son travail quotidien à l’âge de 14 ans alors que sa famille, était frappée par la famine dans les années 1930. Chez moi, le tissu est resté longtemps dans un tiroir, je ne pouvais l’utiliser comme une vulgaire serviette de bain, même si c’était sa véritable fonction.
Pour raconter son histoire, je l’ai détruit. Je l’ai détissé. J’ai ensuite apporté un amas de fils en désordre à ma mère pour qu’elle les démêle, et je lui ai posé des questions sur ce qu’elle savait sur la culture du lin que sa mère pratiquait. J’ai filmé ses mains abîmées, en train d’étendre les fils pour enlever les traces du tissage. Finalement, j’ai utilisé les fils détissés pour créer un film d’animation où ils se transforment à nouveau en plantes de lin.
Une collaboration avec Marichka Marczyk, folkloriste et chanteuse ukrainienne, membre de Lemon Bucket Orkestra (Toronto).
Ce projet a reçu le soutien financier du Conseil des Arts de Longueuil et du CELAT.

Extraits de la vidéo Détisser, 2017, HD, 22min08, 

Extraits de la vidéo Les mains de ma mère, 2017, HD, 7min53. 

Extraits de la vidéo Champ de lin, 2017, HD, 5min. 

Vue de l'installation Dé-conter, 2 canaux, Ars Electronica Campus Exhibition, Linz, 2018.